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Détail de la reine Isabelle de Bourbon - Diego Velasquez 1635 |
J’écris
peu de textes sur les blogs en ce moment, pour cause d’écriture
d’un roman. Et dieu sait si c’est du travail… Je profite de
cette solitude imposée et de ce creux dans ma vie pour me lancer
dans ce travail de longue haleine. Au début, je pensais écrire une
pure fiction jusqu’à ce que bien entendu je me rende compte que
c’était une forme d’autobiographie spirituelle déguisée de ces
dernières années. J’en suis à une soixantaine de pages
dactylographiées et le livre devrait, dans le projet actuel, en faire
à peu près une centaine. Il est difficile de parler d’un projet
en cours comme celui-ci, mais par amusement, j’ai tenté d’en
écrire le pitch…
« Jean
est conteur. Un jour, après un spectacle, il trouve dans sa loge un
mystérieux morceau de broderie déposé par un inconnu. Intrigué,
il va tenter d’en savoir plus et de trouver son origine. Cette
recherche va le mener très loin de là et à un changement de vie
radicale pour le meilleur et pour le plus difficile. Au contact d’une
non moins mystérieuse « Grande Légende », il va entrer
dans un autre monde et commencer au contact d’une mystérieuse
confrérie qui n’en a que le nom ce qu’il convient d’appeler
une initiation qui va changer et sa vision de la vie et sa pratique
de conteur... »
Ce
roman pourrait être un livre sur le conte et sa pratique, mais pas
que…
Il
pourrait être un livre sur une certaine néo-ruralité, mais pas
que…
Un
livre merveilleux et fantastique, mais pas que…
Un
livre sur les techniques du fil ; broderie, tissage.. Mais pas
que…
Un
livre d’initiation spirituelle, mais pas que…
Un
livre sur « la Voie du Tambour », mais pas que…
Un
livre sur la fin de notre civilisation, mais pas que…
Un
livre sur le travail en usine, mais pas que…
Un
livre pour « mettre nos âmes à l’abri », mais pas
que…
Au
début, je voulais l’appeler « Tisseurs de mondes ». Et
puis, à l’écoute de l’album posthume d’Alain Bashung, un
autre titre est en train de s’imposer. Comme dans tout ce que j’ai
fait jusqu’ici, l’histoire tisse vie quotidienne et merveilleux
le plus onirique. Le héros se prénomme Jean comme dans « le
Rêve de l’Arbre ». Un double de moi-même.
C’est
le premier roman que j’écris et c’est très différent à faire
que des histoires plus courtes. Un nombre infini de questions se
posent au détour de chaque phrase, les possibilités de bifurcations
narratives étant infinies, et c’est une rude tâche de tenir la
barque sans s’éloigner de l’intention de départ. Évidemment,
se pose la question de la littérature et de la qualité littéraire,
moi qui suis si exigeant en tant que lecteur… J’ai résolu la
question en me posant comme un simple « raconteur
d’histoires ». Ce que je suis, je crois, profondément :
un simple raconteur d’histoires.
L’écriture
de ce livre s’impose à moi en une période où j’ai mis le conte
à distance et ce n’est sans doute pas un hasard. Ce que j’aurais
souhaité partager en tant que conteur de manière matériellement
satisfaisante, ce qui n’a pas pu se faire, j’essaie de la
partager dans ce livre. Parviendrai-je à le faire éditer ?
L’idée est bien sûr dans un premier temps de chercher un éditeur
« traditionnel ». En cas d’échec (dont je commence à
avoir l’habitude…) je le publierai sur un site d’auto-édition.
Au
vu de ce qu’est ma vie en ce moment, l’écriture de ce livre est
une puissante bouée de sauvetage. En un contexte difficile, elle me
permet de nourrir mon âme et de maintenir allumée une petite bougie
dans la nuit. Mais écrit-on pour autre chose après tout ?